Poèmes

Je suis tant de vies

Je suis tant de vies
Qui me furent dérobées
Tant de naissances
Que je croyais connaître
Mais chaque fois je suis
Telle une comète
Un nouveau cycle m’enchaîne
Pour me conduire à mon feu
MARTIN WABLE
Feuilles du Nord
L’Échappée Belle / 2021

Écrire, lire de la poésie

Écrire, lire de la poésie, c’est pour
moi un exercice de grande humilité
à l’égard des mots.
ALAIN BOUDET
1950 > 2021

Mais qu’est-ce que cela peut bien faire !

Mais qu’est-ce que cela peut bien faire !
si je suis ici abrité sous ce porche
à écouter dans la pluie qui tombe du ciel
une mélodie de silence que personne d’autre que moi n’écoute ?
JOSÉ GOMES FERREIRA
1900 > 1985
La poésie du Portugal
Éditions Chandeigne / 2021

précieux voyageurs

précieux voyageurs
témoins
de l’improbable conjonction de
l’éphémère à l’éternel
MARILYNE BERTONCINI
La dernière œuvre de Phidias
Jacques André éditeur / 2017

La mort fait voyager

La mort
fait voyager
son monde
JULOS BEAUCARNE
1936 > 2021
« Chanson pour Loulou »

Vivons, tout nous le dit

Vivons, tout nous le dit ;
vivons, l’heure nous presse ;
ANDRÉ CHÉNIER
1762 > 1794
Élégies

Des flocons de glace frappent aux fenêtres

Des flocons de glace
frappent aux fenêtres
irisés par instant
et le soleil d’hiver
HÉLÈNE DASSAVRAY
Zaü (Illustrations)
Quadrature de l’éphémère
La Boucherie littéraire / 2020

Il suffit juste de tendre l’oreille

Il suffit juste
de tendre l’oreille
de capter sous la lave des rêves
quelques syllabes
dans l’ouïe
leurs notes légères
comme pluie
JOSÉ-FLORE TAPPY
Hangars
Zoé Poche / 2019

Couvre-les d’or tes jours

Couvre-les d’or
tes jours
pare-les d’émeraudes et de jade
n’oublie pas de chanter
GÉRARD PFISTER
Hautes Huttes
Arfuyen / 2021

l’imaginaire est irréfutable

l’imaginaire est irréfutable
et cela suffit à mon espoir
RENAUD EGO
Vous êtes ici
Le Castor Astral / 2021

Poème
de l’instant

Évariste de Parny

Poésies érotiques

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.