Parlures(2) de Gilles Defacque

Parlures(2) de Gilles Defacque

Depuis 2009, et la parution de Parlures (1), « entreprise poétique de publication des écritures de Gilles Defacque », il y a eu le tsunami, les expulsions de Roms, la tournée nationale de « Mignon Palace », autant de raisons pour reprendre le stylet et la plume. Mais surtout, surtout, il y a eu le musée des beaux-arts de Tourcoing, tout nouvellement rebaptisé MUba, qui a demandé à ce poète saltimbanque de mettre en scène une tout autre entreprise : une exposition consacrée à ses dessins, photos et autres fatrasies, dont une partie est reproduite dans cet opus.

Autour dʼeux sʼaniment des textes empreints dʼune « folie poétique », tantôt douce, tantôt rugueuse, voire indignée. Un extrait des pensées non avouées du commissaire Maigret révèle les qualités de conteur de Gilles Defacque, et la théâtralité de tout ce qui lʼentoure. On retrouve également avec bonheur ses fausses rentrées littéraires, tel ce « roman haletant (aux éditions La Voix de son être) : Johnny et la voix de la petite fille »…

Des jeux poétiques mis en valeur par une belle inventivité graphique.

Des textes à la fois personnels et engagés, par une grande figure de la scène conventionnelle française, sur le statut de lʼartiste, sur les exclus, les “originaux”.

Paru le 1er novembre 2011

Éditeur : Editions invenit

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.