Je ne suis pas un oiseau

Auteur : aNNe herbauts

Je ne suis pas un oiseau

Entre écriture poétique et recherches graphiques, Je ne suis pas un oiseau aborde et joue sur la question du sens des mots et de la représentation de la migration, du déracinement, de la dignité, du fatum, de la destinée imposée par les catastrophes et les guerres. Bien que le sujet soit ancré dans l’actualité, Anne Herbauts lui donne un sens très large, et non connoté ou lié à des évènements précis. Le livre porte la question du sens, du regard et de la définition que l’on pose sur la migration, par ce refrain, presqu’une comptine : je ne suis pas un oiseau.

Je ne suis pas un oiseau devient, par sa répétition et sa simplicité, un cri. Le jeu des images recomposées, décomposées et mises face au texte qui semble anodin, vient décaler la lecture du texte et amener plusieurs sens et strates d’écriture.

L’auteur fait entrer en résonance des références à l’image et à la représentation à travers l’Art dans l’Histoire. La lecture devient dense, multiple. On ne peut résumer le monde, l’humanité et ses mouvements, simplement. Elle met en lumière, par son écriture etntre texte et image, le pouvoir des mots, du sens et du jugement par lequel un mot peut enfermer.

Une forme poétique sobre, presque une chanson, permet à Anne Herbauts d’aborder avec recul, entre chanson et tristesse, le sujet grave de la migration.

Paru le 1er mai 2019

Éditeur : Esperluète Editions

Genre de la parution : Jeunesse

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.