Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

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Fontaine O Livres85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Les hirondelles se sont envolées avant nous

2 septembre 2021

Les hirondelles se sont envolées avant nous

Traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey
Elle ne dit pas l’effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l’exil ; elle dit l’arbre et l’oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l’absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l’aube n’abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l’amour demeure le premier (…)

 Immenses sont leurs ailes

2 septembre 2021

Immenses sont leurs ailes

Les autrices : Murielle Szac & Nathalie Novi
Ils se nomment Hala et Haïssam, les enfants que Murielle Szac met en scène dans ce long poème narratif. Ils jouent, ils chantent, ils dansent, s’inventent des histoires, et ferment les yeux pour rêver lorsque le monde devient trop dur à regarder. La vie dans le quartier aux mille saveurs, puis les bombardements et le chemin d’exil. Mais l’enfance toujours, qui ne vend jamais ses ailes au chagrin… Eux nous regardent intensément, venus de ces lointains (…)

J'ai fermé mes maisons

19 août 2021

J’ai fermé mes maisons

Avant-propos de Murielle Szac
Le bleu du ciel et de la mer. L’oiseau dans l’évidence de l’espace. Une île, puis une autre île très éloignée de la première. Des bateaux à quai. Le silence des pierres. Des maisons aux lèvres closes. Ces silhouettes au carrefour des routes. La polyphonie des langues. Des valises vides. La main qui ne peut attraper le nuage. Ce passager qui regarde passer les bus sans pouvoir y monter… Marianne Catzaras n’a pas besoin de nommer les pays, les lieux, les êtres, les alphabets (…)

Voix Vives 2021

19 août 2021

Voix Vives 2021

Anthologie Sète 2021 Préface de Maïthé Vallès-Bled
Ne faire « plus aucun commentaire sur les mots qui virevoltent dans les flammes de l’incendie… Mais des poèmes. » À l’heure de donner à lire, parmi tant d’autres, ces mots du poète français Stéphane Bataillon, nous retenons notre souffle. Non parce que le festival Voix Vives de méditerranée en méditerranée de Sète livre cette année sa douzième édition contre vents et marées, mais parce que la poésie est là, au plus près de nos attentes, vive, vivante, (…)

Lignes de partage

17 juin 2021

Lignes de partage

Imaginez un État deux fois plus petit que le département du Nord ou celui de la Moselle, un pays frontalier de trois géants européens, une terre couverte de forêts, une capitale éponyme, sa vieille ville médiévale perchée sur des falaises, et vous aurez l’image d’un des territoires les plus singuliers et les plus méconnus d’Europe : le Luxembourg. Sa poésie n’échappe pas à cette règle. Écrite en trois langues, le luxembourgeois, le français, l’allemand – et même quatre si l’on songe à l’anglais de la diaspora (…)

Circé – Poèmes d'argile

21 mai 2021

Circé – Poèmes d’argile

Bilingue anglais (Canada)/français Préface de Murielle Szac
Qui ne connaît Circé, magicienne qu’Ulysse rencontre lors de son Odyssée ? Dans l’Antiquité, Homère la disait experte en drogues propres à opérer des métamorphoses. Par la suite, l’Histoire a souvent fait le procès de cette femme fatale qui transforme ses amants en porcs. Mais quelle Histoire ? Celle qui fut majoritairement écrite par les hommes. Dans Circé – Poèmes d’argile, Margaret Atwood renverse la table des représentations établies et des (…)

J'abrite un secret

6 mai 2021

J’abrite un secret

N comme Non. B comme Bonheur. K comme Kif et Kif-kif, à bonne distance des Keufs et du triple K. Il ne faut que trois poèmes à Nawel Ben Kraïem pour dire qui elle est et ce qu’elle ne sera jamais, ce qu’elle aime et ce qu’elle refuse. Trois poèmes, puis tout un recueil à la sincérité confondante pour donner à lire l’itinéraire intime d’une jeune femme à la voix tendre et puissante. Rébellion adolescente et fragilités – « j’ai perdu mes carnets, j’ai perdu mon cadenas, j’ai peur pour mes secrets », dit-elle (…)

Drive

22 avril 2021

Drive

La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond… » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l’évasion et à la liberté. Liberté de dire. De vivre. D’aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, dans l’urgence de l’instant. Ce courage d’être soi, Hettie Jones en fait le mot d’ordre d’un féminisme joyeux, intrépide et assumé. Qu’elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie au nom du patriarcat, qu’elle (…)

Une femme en crue

4 mars 2021

Une femme en crue

Une femme en crue, débordante de désir, sa faim de louve hantant la nuit… Un homme de la taille du torrent, « homme à mordre le soleil », qui « court au milieu de la mer » où une autre femme s’est noyée… L’ombre de la morte au fond de l’océan d’où proviennent encore ses mots doux et puissants… Et puis, la force des liens, les corps inassouvis, l’absence qui « imprègne d’iode le sexe de la femme en crue », la brûlure des doigts, leur tracé de neige des chevilles jusqu’aux seins, la cambrure du dos, ce tremblement (…)

Feux

4 mars 2021

Feux

Feux de voitures feux des confins feux de révolte feux d’injustice feux de colère feux d’abandon feux résistance feux déclaration feux d’indignés feux d’oubliés feux de sursaut feux consommés feux ciblés feux de consommation feux de vengeance feux d’impossibles feux de plaisir feux de joie feux ensemble feux d’unité feux de puissance feux d’impuissance feux d’urgence 14-Juillet Liberté-égalité-fraternité Nouvel An Liberté-égalité-fraternité feux des mensonges feux des promesses feux des mépris les nuits de (…)

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.