Cheyne

En toute indépendance

Depuis 1980, Cheyne éditeur publie de la littérature contemporaine avec le double souci de faire connaître de nouveaux écrivains et poètes, et d’accompagner l’oeuvre de ceux qu’il a découverts. Vitalité et fidélité qu’a révélées, au fil ans, la création de six collections, toutes témoins de l’exigence de la maison et de son ouverture aux préoccupations de notre temps.
Dans le panorama de l’édition française, Cheyne fait entendre, à travers des oeuvres maintenant reconnues, une tonalité poétique singulière, où l’expression d’une expérience intérieure rejoint volontiers le questionnement.
Une diffusion indépendante auprès de libraires fidèles, un partenariat régulier avec les bibliothèques et de nombreuses lectures publiques, montrent la volonté de Cheyne d’aller sans cesse, et librement, à la rencontre des lecteurs.

Edition de poésie

Poésie contemporaine

Collection de poésie étrangère

Editions sonores

Collection de poésie pour la jeunesse

Livres d’artistes

Revue de poésie

Type de livres :
broché, illustré avec gravures

Mode de diffusion, de distribution
Nous-mêmes, livres vendus en librairies

Année de création : 1980

Nombre de parutions par an : 12

Tirage moyen : 1000

Auteurs phares  : Jean-Pierre Siméon, Jean-Marie Barnaud, Pascal Riou

Accepte de recevoir des manuscrits : que les bons !!

Editeur  : Jean-François Manier
Tél : 04 71 59 76 46
email : cheyne-editeur@wanadoo.fr

Contact

Au bois de Chaumette

07320

Devesset

Demeurer suspendu

24 août 2021

Demeurer suspendu

Traduction de Bernard Banoun.
Collection « D’une voix l’autre »
Qué prisa les ha dado últimamente a los padres
de todos mis amigos por morirse,
como si fuera este el momento en que dejarnos a solas con nosotros mismos,
lo prometido desde nuestras cunas,
la abolición de los consejos
con que siempre iba engalanado el ceñudo futuro
y sin los cuales, en otra época,
no hubiéramos sabido qué hacer con nuestras vidas (…)
Qu’ils ont eu hâte, dernièrement, les pères
de tous mes amis, de mourir, (…)

Hauts Déserts

26 juillet 2021

Hauts Déserts

Piémont bref.
Rocs en torsion sous le grand arc, entre les boutonnières rèches hérissées de chevrons.
Mirages. Vertige harmonise à l’instinct ses propres lois de composition.
L’air trébuche sur un feu d’or mat, que tu couves au pied d’un buisson, dans le rond de ton bras. C’est l’odeur du soir. Sa rumeur. Ses directions rompues dans la multitude accore.
Maquis de chardons, limbes dentés raidis.
Sève figée.
Exhaussement d’un fragment de mer morte, coquilles denses, cônes lisses, roches de dernière (…)

Nu l'été sous les fleurs

1er juillet 2021

Nu l’été sous les fleurs

Mais je ne me souviendrai de rien,
ni des toits laqués ni de ta peau écrue, et vivre n’était alors qu’un défaut de l’œil gauche j’ai dit.
Le jardin gonflait dehors l’étendue des phrases vaines, sous les lauriers les murs de bauge
des voix simplement.
Allumés parfois pareils à d’anciennes villes nous allions, la nuit, entre le mobilier de bois verni la faune des objets en passant
et parfois l’herbe des plaines ou la bruine nous touchaient
nos corps habillés de peu cherchant la touffeur brune d’une (…)

Rhapsodie rouge

1er juillet 2021

Rhapsodie rouge

à ceux qui
envisagent mon visage
comme un visa jeunesse
tu diras
sa rage il y a longtemps
a mis l’âge au tombeau
Rhapsodie rouge, on suppose le cœur un volcan à l’enfance éternelle. Elle maîtrise le feu, peut t’allumer en un éclair, n’a qu’à frotter tes pierres, idées derrière ta tête, pour que jaillisse la lumière visqueuse de tes reins.

À l'intérieur de la nuit

10 juin 2021

À l’intérieur de la nuit

Illustrations de Yann Bagot
Il est des jours
Où nous nous sentons de nuit
Vaquant à nos affaires
Mais le jour nous est un pays étranger
Les mots qu’on nous adresse
Ont trop de lumière
On leur répond d’un silence
Noir
Ce n’est pas affaire de tristesse
Ni de fatigue
La nuit simplement est restée
Dedans

Le réflecteur de la neige

26 novembre 2020

Le réflecteur de la neige

Prix de la Vocation 2020
j’ignore tout des cœurs où je ne suis pas
des jardins bleus
où ceux qui dorment ont les bras en croix
je porte sur mon dos les mots de mon passé
comme des enfants fragiles
ils sont plutôt légers
l’ongle gratte la pierre
et cela est inutile
ajouter de la poussière à la poussière
de l’incessant jeu de délier
une langue qui aura
la longueur
de ce (…)

Tomates de septembre

10 novembre 2020

Tomates de septembre

Traduction de Juliette Mouïren
La route du retour
Mes rêves sont des ombres
mon sommeil le poids
des fleurs de pommier
mais le matin est déjà chaud
le grondement poussiéreux des camions mêlé
aux claquements d’insectes des oiseaux
même après toutes ces
années à me réveiller je ne sais pas
ce que signifie ce monde
comment je continue à retrouver
mon chemin, une route toujours différente
à travers le noir
les infimes souvenirs qui brillent par intermittence
toi mon étoile polaire
The Way (…)

Atelier du silence de Jean d'Amérique

22 septembre 2020

Atelier du silence de Jean d’Amérique

Préface de Jacques Vandenschrick.
machine à écrire
reine aiguille manque de lenteur
est-ce retard que d’écrire
peu à peu l’encre
dégrade le silence
la vitesse parfois vient
dépouiller la page
contre tout
suffit seul
le poème

La neige couvrira tout

12 août 2020

La neige couvrira tout

Traduction de Jean-Baptiste Para
авещание
Договоримся так : когда умру, ты крест поставишь над моей могилой. Пусть внешне будет он как все кресты, но мы, дружище, будем знать с тобою, что это — просто роспись. Как в бумаге безграмотный свой оставляет след, хочу я крест оставить в этом мире.
Хочу я крест оставить. Не в ладах я был с грамматикою жизни. Прочел судьбу, но ничего не понял. К одним ударам только и привык, к ударам, от которых, словно зубы, выпадывают буквы изо рта. И пахнут кровью.
Testament
Mettons-nous d’accord : quand je serai mort, (…)

Chambre avec vues

24 juillet 2020

Chambre avec vues

réserve faite du coin en bas à droite, le reste de la page en manière noire et au burin : ronciers de tentacules enchevêtrés, courants qui s’entremêlent reptiliens – chaos de lignes souples, lentes et froides, telles des algues. à regarder de près, ce sont qui s’entrelacent les plombs fautifs d’un imprimeur, aux casses aberrantes, aux encres inconnues. de tous ces mots, peu sont lisibles, mais c’est assez pour ralentir sinon figer la chute du (…)

Poème
de l’instant

Maximine

Dits de la folie des pivoines

La vie va la poésie dure
Tout comme Hokusaï qui dit-on
Chaque jour dessinait un lion
Je taillerai dans la verdure

Une pivoine chaque jour
Comme ça pour le seul plaisir
D’être là de n’en pas mourir
Et d’aimer dire mon amour

Maximine, « Dits de la folie des pivoines », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.